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Par Harmony2011, le 27.11.2025
coucou ma douce amie , aies confiance , tout va bien se passer , c'est sûr que cela va te sembler long mais tu
Par mamietitine, le 26.11.2025
bonjour je viens te souhaiter une bonne journee bise de josy
Par Crystal46 , le 26.11.2025
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Par Anonyme, le 26.11.2025
bonjour mon amie brigitte
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pour partir a l hôpital
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Par douceuretdetente, le 26.11.2025
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Date de création : 13.06.2011
Dernière mise à jour :
26.11.2025
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Suite du voyage :
Extraits :
« Il songe qu'il n'a rien vu venir. Une jeune fille est montée dans ce camping – car avec ce regard absent et cette indifférence quant à son sort. Quand il lui a dit ″ Pour l'itinéraire...On s'est pas mis d'accord″ elle a haussé les épaules et déclaré : ″ Ça n'a pas d'importance pour moi.″ Ça l'avait glacé d'effroi. Aujourd'hui cette même jeune fille se plonge avec concentration dans la lecture de la carte et elle voudrait voir la mer. C'est fantastique. Il ne sait pas si c'est lui qui a fait ça, qui a réussi à lui redonner un peu de goût à la vie ou i c'est Myrtille, les montagnes, Pok, les vieux clochers, les ruelles pavées...»
«Il fait trop sombre, quand ils arrivent aux abords de Peyriac-de-Mer, pour réellement profiter de la vue. Ils distinguent la ville au loin, grâce aux lumières, et les lagons d'eau salée, qui s'étendent à leur droite, le long de la route.»
Peyriac-sur-Mer et son ponton
«C'est une belle journée qui s'annonce. La température devrait atteindre les vingt-cinq degrés. les mouettes tournoient là-haut dans le ciel. Émile plisse les yeux. On aperçoit la ville de Peyriac-de-Mer au loin. Les toits rosés et saumon des maisons. Les lagons d'eau calme. Les hautes herbes qui ondulent sous le vent. Un ou des flamants roses pêchent négligemment, ça et là. Il y a ce ponton, qui semble s'étendre jusqu'à l'horizon.»
Étang de Peyriac-sur-Mer et ses flamands
« Il marche en imaginant les mots qu'il pourra écrire dans son carnet ce soir, à la lueur des bougies que Joanne allumera. Il sait qu'il parlera de l'odeur salée des étangs, bien plus forte que l'odeur de la mer. Du soleil d'octobre, bien plus doux et agréable que celui de l'été. Des cercles formés par les mouettes dans le ciel, de leurs cris, des trainées blanches qu'elles laissent devant ses yeux. Du bruit de ses pas sur le ponton de bois. De l'eau presque immobile et de l'odeur de la vase. Des poissons qu'il aperçoit filer entre deux bosquets de hautes herbes. Des flamants roses au loin, en groupes. De la course du soleil dans le ciel, tandis qu'ils marchent sans dire un mot. De cette dame d'une soixantaine d'années, qui immortalise les rayons du soleil dans l'eau, au bord de l'étang. Du vieux bateau jaune abandonné au bord d'un étang, mangé par la rouille.»
La barque abandonnée dans l'étang de Peyriac-sur-Mer
« Ça n’a rien de compliqué. En fait, il s’agit juste de faire un arrêt sur image. De se mettre soi-même sur pause et d’observer l’instant présent, ce qui se passe autour de nous mais aussi en nous… Noter le moindre détail, c’est vrai, mais également comment ces détails extérieurs se répercutent dans notre intérieur. Tu vois ? Ce que nous fait ressentir ce son, ce que cette image fait naître en nous…
— J’imagine que c’est ton père qui t’y a initiée ? »
Elle acquiesce.
« Oui. Pour lui, c’était même la seule façon de vivre. Apprendre à être là et nulle part ailleurs, en se détachant de nos préoccupations concernant le futur et des regrets du passé. C’est… Je t’avoue que c’est compliqué au début. On est tellement habitués à ressasser ou à essayer d’anticiper. On est rarement vraiment présents à soi. »
Elle laisse son regard se perdre sur l’étendue de l’étang.
« Mais avec le temps, à force de pratique, ça devient plus facile et… ça devient un automatisme. On apprend à se mettre sur pause en regardant un paysage, en dégustant un plat, en écoutant une mélodie… On n’y songe plus et on le fait par réflexe.
— J’aimerais y arriver un jour. À force de vivre dans le passé comme tu dis, ou dans l’angoisse du futur, on finit par oublier qu’il y a de la beauté dans tout… ou presque tout… Quand on est enfant, on le fait naturellement, non ? On s’émerveille devant… devant un caillou qui a des reflets argentés ou… ou devant une plume. On ramasse des pissenlits et on s’extasie devant leur jaune intense. Après ça, on trouve ça laid, les pissenlits… On les considère comme des mauvaises herbes.
Il sourient tous les deux.
— C'est vrai. Quand on est enfant, on sait faire ces choses là.
Émile fronce les sourcils.
— Qu'est-ce qu'il se passe après ? On oublie ?
— Oui... J'imagine qu'après ça, on est trop préoccupés par le fait de se construire un avenir, de réussir socialement, d'amasser un peu d'argent.»
Ile du Soulier
«Ils s'arrêtent sur une plage de sable fin pour pique-niquer. L'air marin leur fouette le visage et Émile s'allonge quelques instants et ferme les yeux. Il a l'impression que l'angoisse s'envole tout doucement.
Quelques heures plus tard, alors qu'ils ont repris le large à bord de l'Alchimiste, ils découvrent l'île du Soulier. Il s'agit d'une arête rocheuse qui émerge de l'eau. Sébastian leur apprend qu'elle est uniquement fréquentée par les oiseaux et que l'accostage y est impossible en raison des roches immergées. Ils en font le tour puis mettent le cap vers l'îlot de la Nadière.»
«Tu ne devrais pas être si gentille avec moi et... t'obstiner à me remémorer toutes ces choses... Parce que de toute façon, c' est toi que j'oublierai en premier. »
Il est frappé lui-même par la dureté de ses mots. Il aimerait la regarder dans les yeux, la prendre dans ses bras, dire n'importe quoi pour rattraper cette phrase qu'il ne faut pas. Elle ne doit pas voir qu'il pleure. Et puis, il a raison au fond. À quoi bon ? Les médecins l'ont dit. La mémoire ancienne restera intacte mais la plus récente s'effacera rapidement. Elle sera la première personne à disparaître de ses souvenirs.»
« Il avait pris la route, en n'ayant absolument plus rien à perdre, plus personne à qui se raccrocher. Il avait accepté l'idée de quitter ses parents, sa sœur, son meilleur ami. Sa vie s'était à demi éteinte quand Laura était partie. Et puis, la faible torche qui continuait de trembloter depuis son départ s'était définitivement évanouie à l'annonce de la maladie. Il était monté dans ce camping-car serein, puisque cette fois-ci il n'avait plus rien. Il s'était résolu à l'idée de partir définitivement. Il n'avait plus qu'à profiter de quelques bribes de bonheur qui lui offrirait encore la vie, avant de disparaître. Le deal était clair. Mais au lieu de partir tout seul, il avait fallu qu'il poste cette stupide annonce... Il avait ramassé cette fille totalement égarée sur cette aire d'autoroute et alors, au lieu de s'effacer à la vie petit à petit, il s'y était accroché avec encore plus de force. A cause d'elle. Parce qu'elle lui avait montré toute la beauté du monde, toute la pureté des sentiments, toute la bonté qui pouvait émaner des êtres. Il avait appris à la voir sourire, chaque jour davantage, à la regarder écrire dans son carnet, veiller sur Pok, observer le ciel et s' asseoir en tailleur sur un ponton.
Il ravale avec difficulté la boule qui lui obstrue la gorge. Il s'éteint, c'est vrai. Il se laisse engloutir par l'angoisse et la peur, de jour en jour. Et tout ça, c'est à cause d'elle. Totalement à cause d'elle. Parce qu'elle l'a réveillé à la vie d'une façon totalement inattendue. Et aujourd'hui il se sent plus vivant que jamais.. Aujourd'hui, grâce à elle, il ne veut plus quitter le monde. Cette idée le terrifie. Et l'idée de la voir disparaître de ses souvenirs lui est devenue insupportable. "
17 Octobre, 18 h 50
Sur le ponton. dernier coucher de soleil sur l'étang de Doul.
Je suis donc face au tout dernier coucher de soleil sur l'étang de Doul. Les flamants roses sont là, ainsi que le scintillements des rubis dans l'eau. Je regretterai ce ponton et ces couchers de soleil. J'aime me dire que les suivants seront tout aussi exceptionnels..
"—Ton passé est en train de s'effacer. Tu... Tu n'y peux rien. Tu n'as aucune prise là-dessus..."
Elle parle d'une voix douce, comme à son habitude.
— Et ton futur... Il...
— Mon futur n'existe pas.
Elle déglutit en acquiesçant.
— Ton futur s'efface lui aussi. Alors..."
Elle marque une courte pause et il croit comprendre où elle veut en venir :
"Alors il ne me reste que mon présent.
Elle tourne la tête vers lui et elle a l'air soulagée qu'il comprenne.
— Il te reste l'instant présent. Et c'est...c'est bien, dans un sens.
Il la regarde avec une pointe d'amertume.
— Ah ?
— Oui. Mon père avait recopié une citation sur le mur du salon.
Elle disait : « Le moment présent a un avantage sur tous les autres : il nous appartient ».
« — Mon père était un brave type. Mais...Je me rends compte que je le connaissais peu."
Joanne accueille ses paroles avec un froncement de sourcils.
"Il passait beaucoup de temps au travail. Quand il était avec nous, à la maison, il était souvent épuisé. Il s'efforçait d'être présent pour nous mais...J'imagine qu'il avait toujours la tête dans ses soucis. Il était souvent plongé dans ses pensées et rarement vraiment là. Il y avait le travail, la maison à payer, des problèmes avec son aînée. Je...Je ne sais même pas ce qu'il aimait. Je le réalise. Je ne sais pas quelle musique il aimait écouter, les rêves qu'il avait...".
Il secoue la tête.
— C'est dingue, non ?
Il n’a jamais vraiment réalisé, avant Joanne, qu’il était passé à côté de son propre père. Ç’avait été une rencontre manquée. L’exemple d’un homme avalé par son quotidien. Un homme qui n’avait pas su être dans le présent, qui avait passé sa vie à s’inquiéter du futur. Il se demande s’il aurait terminé comme son père, avalé par un morne train-train, s’il avait eu l’occasion de vivre plus vieux. Plus jeune, il avait été fonceur. Il avait été vivant. Puis, avec le départ de Laura, il était devenu aigri et apathique. Il aurait sans doute terminé comme son père, mais dans le passé plutôt… la tête dans les regrets, oubliant de vivre au présent. Mais il y avait eu la maladie, le voyage, la rencontre avec Joanne.»
«Ils courent tous les deux sans s’arrêter, s’éclaboussant l’un et l’autre en passant dans des flaques d’eau. On ne distingue plus la tête de Joanne, entièrement masquée par le châle qui lui est tombé sur le visage. Elle court presque à l’aveuglette. Et puis, il y a ce panier en osier, accroché à son bras, d’où dépasse la tête d’un Pok totalement trempé, qui ressemble à une souris effrayée. Émile se met à rire. Un rire nerveux et incontrôlable.
— Qu’est-ce qu’il y a ? demande Joanne, essoufflée.
— Regarde-nous ! »
Il ne voit pas le visage de Joanne, sous son châle noir trempé, mais il l’imagine bien sourire.
— Tu ressembles à une momie géante qui balade son sphinx. »
21 octobre, 12h 11
Assis à la petite table pliante, devant le camping car.
Ville de Gruissan sous un soleil éclatant.
Ce soir, Joanne m'initie à la méditation à la bougie. Il s'agit de se focaliser sur la flamme, de la contempler et de laisser filer toutes ses pensées pour lâcher prise. Elle n'abandonne pas, malgré le piètre élève que je fais... Ce soir, je le promets, je vais essayer d'être là et parfaitement là. Je me concentrerai.
Gruissan
« Ils rient à n’en plus pouvoir pendant deux, trois minutes, peut-être quatre, sans s’arrêter, sans réussir à reprendre leur souffle. Ils rient à en avoir la gorge brûlée, les yeux remplis de larmes, ils rient à finir par terre, à genoux, parce qu’ils ne tiennent plus debout. Bon sang, songe Émile quand il parvient enfin à reprendre son souffle, ça, c’est la meilleure thérapie du monde.»
«29 octobre, 02h 07
Assis à la table du camping-car, sur la banquette.
Gruissan. À la lueur de la bougie.
Je ne crois pas avoir été aussi heureux que depuis que je suis avec Joanne, au bord de la mer. C'est in bonheur tellement simple, tellement banal, et pourtant je n'ai jamais été aussi serein. Même si je vais mourir bientôt, même si je vais m'éteindre sans souvenir. Je crois qu'elle a finalement réussi à m'apaiser. Avec sa méditation à la con, ou juste avec son calme, sa façon étrange et si douce d'aborder la vie.
...
Hier soir, j’étais plongé dans un des vieux livres jaunis, que Joanne avait ramenés du vide-greniers. Ils étaient pour moi, ces livres. C’étaient des bouquins de citations. Elle me les a offerts quand on revenait au camping-car. J’ai trouvé une citation si belle que j’ai été réveiller Joanne pour la lui lire. Elle était endormie sur la couchette. La citation disait :
″Si nous pleurons parce que le soleil n’est plus là, nos larmes nous empêcheront de voir les étoiles. ″
J'ai trouvé une citation si belle que j'ai été réveiller Joanne pour la lui lire. Elle était endormie, sur la couchette. La citation disait :
"Si nous pleurons parce que le soleil n'est plus là, nos larmes nous empêcheront de voir les étoiles."
Je lui ai dit que c'était grâce à elle que j'avais compris ceci, grâce à sa façon de vouloir m'ancrer dans le présent. Je lui ai dit que maintenant, grâce à elle, je voyais les étoiles.
J'ai cru l'entendre renifler mais je n'en savais trop rien, il faisait tellement sombre. Elle est restée silencieuse de longues minutes et après ça, elle m'a demandé de la recopier au-dessus de nos têtes, sur le plafond de la couchette.
S'il existe un paradis, un lieu, tout là-haut, où reposent les morts après cette vie sur terre, alors j'en fais la promesse solennelle, je m'arrangerai pour veiller sur elle, pour ne jamais vraiment l'abandonner.
« — Il semble être un garçon curieux, c’est bien… Pourtant il a l’air de n’avoir encore rien appris.
— Il est instituteur !
— La vraie connaissance ne se mesure pas aux diplômes, Joanne. Ni au nombre de livres qu’on a ingurgités d’ailleurs. Montre-lui les étoiles, les plantes qui naissent et qui meurent, la beauté d’un coucher de soleil. Fais-lui sentir les lilas et écouter les relents de la mer.»
Aas, "Village des siffleurs, vallée d'Ossau
« Ce matin, elle a sorti une toile vierge et sa palette de peinture. Elle a posé un pinceau derrière son oreille et elle s'est assise sur le rebord de la fenêtre de leur minuscule chambre. Elle est concentrée sur le paysage. Elle veut dessiner les alpages recouverts de neige, les moutons, la petite clôture en bois qui court tout autour du domaine. Elle veut dessiner Pok, qu'on voit de temps en temps traverser une parcelle de pâturage, laissant de petites empreintes dans la neige.»
« Ils sont sortis dehors, tout doucement. Joanne s'est accrochée au bras d'Emile. Elle ne tremble plus. Ses yeux parcourent le paysage avec émerveillement. Il avait raison. Ils ne sont que tous les deux dans le silence total de la montagne, tous les deux au milieu de l'immensité blanche.
Ils marchent avec une lenteur infinie. Leurs pas laissent des empreintes dans la neige fraiche. Ils avancent, avec l'impression de n'être pas plus réels que le paysage, de n'être que deux mirages.»
«C'est Émile qui a eu l'idée d'y faire apparaître une citation, plutôt qu'une phrase banale. Ils l'ont choisie ensemble hier soir, en feuilletant les vieux livres jaunis de Joanne.
«Les gens sont comme des vitraux. Ils brillent tant qu'il fait soleil, mais, quand vient l'obscurité, leur beauté n'apparaît que s'ils sont illuminés de l'intérieur.» Élisabeth Kübler-Ross
À Myrtille, dont la beauté aura illuminé une partie de notre chemin.
Avec amitié
E&J»
«Elle s'est à peine aperçue que des larmes avaient coulé sur ses joues Elle ne s'entend pas non plus crier son prénom. Si cela s'est produit, s'il a appelé quelqu'un, alors elle aura failli à sa promesse. Elle a juré de veiller sur lui, de le garder loin de ses proches, de l'hôpital... Si cela s'est produit.....»
« Elle ne peut s'empêcher de noter que les notes dans sa voix ont changé depuis ses premières pertes de mémoire. Ses premiers black-out étaient synonymes d'effroi. Ils le plongeaient dans une angoisse sans nom. Elle se souvient encore de cette fois où il suffoquait au réveil, allongé sur l'herbe. Les premières fois, c'était comme s'il comprenait en partie qu'il venait de perdre la mémoire. Il y avait l'effroi et puis il luttait pour comprendre, pour reprendre pied. Mais l'autre soir, sur le chantier, c'était totalement différent. Plus de panique, plus d'angoisse. A la place, cette confusion des lieux, des personnes, du présent et du passé. Comme si désormais, il était trop touché pour prendre conscience du fait même qu'il perdait la mémoire.»
«Papa,
...
Six mois en arrière, il m’a emmenée sans poser aucune question. Il m’a juste emmenée et alors, il m’a montré des choses que je n’avais jamais vues. Des montagnes tellement hautes qu’elles semblaient crever le ciel et créer un pont entre l’au-delà et l’ici-bas. Des plaines tellement vertes, tellement vallonnées et tellement lisses qu’on voudrait s’y allonger et y rester pour l’éternité. Des lacs à l’eau si pure qu’elle vous nettoie l’âme. Des couchers de soleil sur des neiges éternelles qui font briller les yeux plus fort que n’importe quelle larme. Il m’a montré tout ça, comme un dernier cadeau qu’il souhaitait offrir au monde avant de le quitter. »
Avec tout mon amour,
Joanne
«Joanne a retrouvé le dessin qu'elle cherchait. Elle l'avait vu dans un conte d'enfants, quand elle n'avait que huit ans. Joseph le lui avait lu. C'est un arbre noir, au tronc solide, aux branches qui s'élancent vers le ciel comme des jolies virgules. Les racines creusent de profonds sillons dans la terre. Le conte dit que cet arbre s'appelle l'arbre de vie. Il unit les deux mondes : celui du ciel et de la terre, grâce à ses branches, qui montent en extension vers le ciel, et à ses racines qui s'enfoncent profondément dans la terre. Le conte précise que l'arbre perd ses feuilles en hiver mais les retrouve au printemps, représentant "l'expansion de la vie et sa constante victoire sur le mort"
« Le silence revint dans la petite cuisine. Ils pleurent tous les deux en silence. Les larmes s’écrasent sur les petites pièces du puzzle. Joanne pleure et Emile pleure aussi car il perçoit toute sa douleur. Son infinie souffrance. Elle vient de la déposer en lui pour qu’ils la partagent, pour qu’elle ne soit plus seule à souffrir. Alors il accepte ce cadeau. Il l’accepte sans retenue. Alors il pleure avec elle jusqu’à l’aube, dans la petite cuisine de l’annexe, où s’éteignent une à une chacune des bougies tremblotantes, comme autant d’étoiles dans le ciel.
« Souffrir c’est donner
à quelque chose une attention suprême... »
Paul Valéry, Monsieur Teste.
« Elle se répète quelques mots, que son père lui disait quand elle était gamine. Puisqu'on ne peut changer la direction du vent, il faut apprendre à orienter les voiles. C'est une phrase de James Dean.
Elle aime se la rappeler quand elle a besoin de croire en elle, quand les choses lui paraissent difficiles. Ça sonne comme un encouragement. S'adapter, c'est s'en sortir. Il fut savoir réorienter ses voiles. Toujours.»
Cirque de Lescun
« — Dans la vallée d'Ossau, qu'on est en train de traverser, il y a une réserve naturelle et il s'agit d'un des plus grands repaires de vautours. Il paraît que si on monte tout en haut de la pène de Béon, on peut voir tournoyer dans le ciel des vautours fauves et des percnoptères d'Egypte.
Elle a réussi à obtenir son intérêt. Il la regarde avec un regard incrédule.
— Ah bon ?
Elle confirme d'un hochement de tête.
— Alors ça te tente ?
— Oui, ça me tente
— Super. On y va.»
La pène de Béon : la falaise aux vautours
" L'extraordinaire se trouve sur le chemin des gens ordinaires ". Ce sont ces quelques mots de Paulo Coelho qui reviennent en tête à Joanne, quand ils entrent dans Lescun ce jour-là. Le paysage baigné dans la lueur du crépuscule lui inspire des poèmes, des tableaux, des airs de piano. Elle n'a jamais rien vu de si beau. Le paysage s'impose comme une évidence et elle comprend que c'est ici que ce périple devait les mener, depuis ce premier jour, sur l'aire d'autoroute de Roanne.
"La permaculture va à l'encontre de la culture classique. On ne plante plus en lignes bien droites. On laisse les plantes se développer à leur propre rythme et se mélanger. Dans la nature, la monoculture n'existe pas, vois-tu. Et ces mélanges des plantes entre elles sont d'ailleurs ce qui les protège les unes les autres des maladies et des ravageurs."
Les cabanes d'Ansabère
« Elle a fait une terrible erreur. Elle n’aurait pas dû. Elle n’est pas seulement un compagnon de voyage pour une ultime escapade. Elle n’est pas seulement la femme d’Emile.
Elle est une mère. Ce soir, plus que jamais, elle est une mère et elle comprend qu’elle s’est fourvoyée. Elle a empêché une mère de serrer son petit dans ses bras. Une dernière fois.»
«Joseph disait toujours a Joane ″ Pour connaitre l’âge du mort, compte le nombre de personnes présentes à son enterrement. Plus il y a de monde, plus il est jeune.″
Joane avait demandé ce qui expliquait cette absurde théorie et Joseph avait répondu en haussant les épaules
— Un enterrement de vieux ça n’émeut pas grand monde. On ne s’y déplace pas
Joane du haut de ces neufs ans avait répliqué :
— C’est faut ça
Joseph avait haussé de nouveaux les épaules.
— Alors je te donne une autre raison. Les amis des vieux sont déjà vieux... ou morts.»
«Chaque jour porte en lui l'Éternité»
Paulo Coelho L'Alchimiste
Mon humble avis :
Un premier livre de cette auteure ! 683 pages qui m'ont captivé, bouleversé...
Je ne sais pas si ce n'est pas le livre qui m'aura le plus marqué par son histoire magnifique, ses décors et leur description, son dépaysement, sa profondeur, ses merveilleux personnages, sa superbe écriture pudique, poétique, sensible...
Nous sommes vraiment au cœur de la nature, que ce soit dans les hautes montagnes des Pyrénées ou dans les paysages de Gruissan...
Quel roman ! Impossible à lâcher et chouette il pleuvait ! Fini à 1 heure du matin !
Difficile à oublier...Cela fait trois jours que je l'ai terminé mais j'en reste imprégnée pour ce voyage qu'il nous fait faire aussi bien dans des régions magnifiques qu'au plus profond de nous-mêmes avec des personnages attachants et emplis d'humanité....
Beaucoup d'extraits puisque deux articles, mais pas d'extraits qui dévoileraient les secrets importants des personnages et de leur histoire...
Que pourrais-je dire pour donner envie aux autres de le lire ?
Oui, on pleure en lisant ce livre mais nous sommes dans l'émotion d'une leçon de vie...
Avec pourtant une histoire triste et dramatique, l'auteure a su avec talent nous emmener dans un récit plein d'amour de la vie et de sérénité.
De graves et nombreux sujets abordés au fil des pages : la quête du bonheur, la quête de soi, les bienfaits de la nature et de communier avec elle, l'amitié, les belles rencontres, la maladie, la mort, l'autisme, l'amour, les échecs sentimentaux par les mauvais choix de personnes, la vieillesse, la solidarité, les moments simples et beaux de la vie quand on partage des lectures ou des jeux de société ou des randonnées, l'empathie, la résilience...
On retrouve aussi le problème qui se pose du choix de la fin de vie, dans notre pays où l'euthanasie et le suicide assisté hélas restent tabous, un problème d'actualité et qui est au cœur de cette superbe histoire qui à chaque page nous passionne ...
Quelle découverte !
Merci à ma cousine Gilda pour m'avoir téléphoné son émotion à la lecture de ce livre et m'avoir dit : «il faut que tu le lises ! ″
Oui, vraiment, un livre extraordinaire !...
Ces photos trouvées sur le Net des merveilleux endroits découverts par nos personnages...
Mille mercis à leurs auteurs pour leur partage.
Livre lu et posté en 2023, mais je le remets maintenant car le film est sorti hier.
Bien sûr le film ne peut pas raconter tout le livre, il y a forcément des différences et des raccourcis mais j'ai adoré le choix des acteurs pour ces personnages que j'avais tant aimé ...
Un de mes livres préféré et inoubliable pour son humanité.
Brigitisis
Je conseille ce livre ou ce film ou les deuxAvec de très bons acteurs
Que j adore en plus merci Brigitte
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